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 Une rencontre fortuite [Pv Cailan]

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Sora Hayashi
[♪♫]~Psychologue~[♫♪]
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MessageSujet: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Jeu 26 Mai - 23:39

Sora détestait cordialement deux choses durant l’été: La première était évidemment le soleil qui lui brûlait douloureusement la peau, et la seconde était accessoirement ce manque de travail qui découlait de cette fameuse saison maudite. En effet, quoi de mieux que deux petits rayons dorés et lumineux pour faire s’envoler les soucis insignifiants de tout un chacun ? Le psychologue se racla un moment la gorge puis d’un geste las repoussa sa chaise. Son bureau était à présent vide depuis plus de quarante huit heures et rien ni personne ne semblait vouloir briser ce calme assommant. Massant ses tempes à l’aide de ses index, il se décida enfin à prendre une pause. Il rangea sommairement une pile de paperasse jaunit et deux ou trois dossier puis traversa le couloir d’un pas énergique et déterminé. Où allait-il ? A vrai dire il n’en savait foutrement rien… Mais l’important n’était il pas qu’il se soit enfin extrait de cette pièce où il croupissait depuis de nombreuses heures ? Il zigzagua donc entre deux ou trois groupe d’élève puis trouva non sans mal le réconfort de la salle de repos réservé au personnel. Elle était pour l’heure totalement vide, ce qui n’était pas franchement pour lui déplaire.

Faisant sommairement l’état des lieux, il se dirigea vers la machine à café puis entama de tasser la poudre brune dans le filtre. Une fois que cela fut fait et qu’un léger bruissement de goutte à goutte se fit entendre, il farfouilla dans son sac et en sortit son livre de chevet qu’il disposa sur la surface plane de la table. « La Divine Comédie » était un des livre qu’il appréciait le plus c’est pourquoi feuilleté ses pages encore et encore devant un café ne lui était pas tout à fait désagréable. C’est donc dans cette optique qu’il commença à repousser la couverture de cuir brune et usée. Ses doigts parcoururent lentement le papier jaunit par le temps et le soleil puis s’arrêta sur une ligne particulière avant qu’il ne le repose toujours ouvert sur le meuble. Se levant promptement, il se servit alors une bonne tasse de café noir bien serré et attrapa dans l’un des placards une tablette de chocolat qu’il commença a mutilé carré par carré.

C’est alors qu’il se rendit compte que la porte de la salle de repos n’était à présent plus fermée, mais bien ouverte. Il se tourna d’un quart de tour puis chercha du regard l’intrus qui avait si innocemment troublé son moment sa pause… Ses yeux rencontrèrent alors un visage étonnamment familier… ses lèvres se crispèrent, sa bouche se tordit… mais rien n’y fit ! Malgré toute la bonne volonté qu’il y mettait, il ne parvenait pas à remettre un nom sur ce visage pourtant connu et côtoyé. Pour ça défense pathétique, il pouvait toujours prétendre être arrivé très récemment dans l’établissement… Ce qui n’était pas faux bien entendu. Mais en réalité s’il ne se souvenait du nom de presque aucun employé, c’était aussi et surtout parce qu’il ne se mêlait jamais aux autres… Encore moins lorsqu’il s’agissait de personne qui put pour une raison où une autre entamé réellement une discussion sérieuse. Il fronça donc les sourcils puis esquissa un geste leste de la main pour saluer le nouvel arrivant.

« _ Un peu de café ? »

Oui…bon… D’accord, son essai de salutation était fortement pathétique ! Mais bon… Il avait fait un effort après tout ! Il tendit l’index pour désigner la cafetière dont le réceptacle en verre contenait encore beaucoup du liquide caféiné puis attrapa une cigarette dont il mâchonna le filtre nerveusement sans pour autant esquisser un geste vers son briquet. Il se rassit ensuite sur sa geste et attendit un signe qui d’une façon où d’une autre lui rappellerait le prénom de son collègue au second degré lorsqu’enfin lui revint la mémoire. Se tapant le front du plat de la main il murmura un ou deux jurons de son cru puis afficha un sourire légèrement maladroit pour cause de peu d’entrainement en la matière.

« _ Cailan ? C’est ça ? Je suis désolé… J’ai une très mauvaise mémoire des noms et prénoms et comme je ne viens pas souvent ici j’avoue que j’ai mis un moment à recoller les morceaux... Tu es en pause toi aussi ou bien tu fuis quelque chose ? »


Il lui adressa un clin d’œil entendu puis avala une nouvelle rasade de son arabica après avoir bien entendu reposé sa cigarette torturée à côté de son mug. Il attrapa ensuite d’une main indécise sa capuche et la rabattit sur la partie de son visage brûlé. C’était un geste dont il ne se rendait plus vraiment compte avec le temps. Il avait apprit à anticiper le dégoût que pouvait inspirer cette chaire à la fois gondolée et parcheminée tout en la dissimulant dans l’ombre. C’est pourquoi il lui arrivait très régulièrement de rabattre son vêtement de la sorte sans pour autant en être tout à fait conscient.
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Cailan O'Shea
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Ven 27 Mai - 14:11

Cailan avait assuré le service du repas de midi, comme toujours. C’était un peu pour ça qu’il était payé d’ailleurs. Il n’y avait pas trop d’élèves alors ce n’était pas vraiment compliqué de contenter tout le monde. Ce n’était pas vraiment ce que l’on pouvait appeler prise de tête. Il connaissait bien pire avec Ciel. Une espèce de rodage en quelque sorte. Une fois que tous étaient repartis, il avait bien évidemment rangé sa cuisine et donner un coup de balai dans le réfectoire. Histoire que ça ne devienne pas une porcherie.
Et puis, il avait profité de son temps libre pour aller au gymnase avant que les cours n’y reprennent même si, à cette époque, Zack avait tendance à les garder dehors. Autant jouir du soleil pendant qu’il était là. Les élèves se plaignaient déjà d’être assez enfermés comme ça alors les laisser se défouler était aussi un bon plan. L’irlandais était parti du principe qu’il partirait si l’enseignant le souhaitait. Ce qui n’était pas arrivé et au final, c’était pendant trois bonnes heures qu’il était resté à s’entrainer avec patience. Durée normale en ce qui le concerne.
Il avait finit par partir, regagnant sa chambre pour prendre une bonne douche froide, comme il les aimait. Mais sans trop s’attarder non plus. Il en était ressorti tout frais tout propre et satisfait. Alors qu’il déambulait en boxer noir dans sa chambre, il en arriva à se poster devant la penderie. C’était l’été … exit le jean. Trop long et trop chaud. Welcome pantacourt. Mais toujours taillé sur mesure je vous prie. Par contre, son éternelle chemise blanche ne l’avait pas quitté, sauf que ses manches étaient retroussées. De la même façon, il portait toujours son petit veston noir. C’était comme un couple indissociable. Par contre … ses bienheureux orteils se pavanaient fièrement à l’air libre grâce à des tongs. Une des plus belles inventions de l’Homme pour la saison de l’été. Avec le parasol et la crème solaire.
Une fois habillé et décent, Cailan avait quitté sa chambre, direction la salle de repos des employés. Il comptait bien y prendre une petite bouteille d’eau avant d’aller faire un petit tour à la bibliothèque histoire de s’occuper les neurones avec un quelconque ouvrage digne d’intérêt. Il savait même le titre qu’il voulait. Silencieux, il était entré dans la salle des employés sans se faire remarquer. Même si ce n’était pas voulu. Il sourit quand le psychologue le remarqua et déclina sa proposition.

« Non merci Sora, ce n’est pas vraiment une boisson que j’affectionne … au petit déjeuner, ça passe mais sinon … »

Le cuisinier continua de sourire et s’appuya au chambranle de la porte. Il voyait bien que ses nom et prénom échappait à son collègue alors que lui s’en rappelait parfaitement. Il avait toujours eu la mémoire des noms. Encore maintenant, il était capable de réciter les noms de tous ses petits camarades qui étaient avec lui en primaire. Cela ne servait à rien en soi. Mais bon …

« Oui c’est bien ça. approuva-t-il en souriant doucement Et tu n’as pas à t’excuser pour un détail aussi futile … »

Il n’était pas du genre à en vouloir aux gens parce qu’ils avaient oublié son nom. Dans la mesure où Ciel s’amusait à le rabaisser dès qu’il le pouvait, l’oubli d’un nom lui passait carrément au-dessus. Tout comme les piques de l’enfant d’ailleurs, mais c’était autre chose encore. Il hocha doucement la tête.

« Pause … oui si on veut. Je suis en pause tant que je n’ai pas à réfléchir à ce que je vais faire manger à nos chères têtes blondes ou que je suis en train de préparer ledit repas alors … Et je sais déjà ce que je vais leur faire avaler ce soir donc … »

L’irlandais était en pleine détente. Rien de plus et rien de moins. En clair, il n’avait rien à faire et comme il n’avait pas Ciel dans les pattes, il jouissait d’une relative et silencieuse tranquillité. Ce qui n’était pas vraiment pour lui déplaire. Il continua de sourire à Sora.

« Quant à fuir … pas vraiment … ou pas consciemment en tout cas ! »

La chaleur ? Non, il n’avait rien contre elle, il l’appréciait, la chérissait. Même s’il aimait tout autant le froid. Il n’était pas du genre chiant en ce qui concerne la température. Il la prenait à bras le corps et s’y engouffrait avec plaisir, jouant avec elle comme avec une vieille amie.
Son jeune maître ? Non, pas vraiment. Il le supportait depuis un certain temps maintenant, il faisait presque partie intégrante de son environnement. Presque. Parce qu’il s’en détacherait sans le moindre problème. Mais comme il n’avait pas peur de lui et qu’il ne pliait pas à ses caprices … il n’avait aucune raison de vouloir lui échapper.
Autre chose alors ? Peut-être, mais dans ce cas, c’était vraiment inconscient.
Décrochant du chambranle, il se dirigea vers le frigo pour en extraire avec une satisfaction non feinte son trophée, sa petite bouteille d’eau fraiche puis se tourna vers Sora qu’il vit remettre sa capuche. Volontairement ou non. Il sourit.

« Hum … tu sais, j’aimerai autant que tu ne recouvres pas ton visage. Sauf si tu préfères. En ce qui me concerne, ça ne change rien. Je ne vais pas m’enfuir en courant. Sinon, je ne serai même pas rentrer … »

Il avait déjà vu, par instants volés, le demi-visage brûlé du psychologue. Certains criaient au monstre. Lui s’en foutait. Ce n’était pas l’apparence qui faisait un individu. Et bien heureusement d’ailleurs. Seulement, si Sora préférait ne pas le montrer, c’était à lui de voir, il pouvait le comprendre.
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Sora Hayashi
[♪♫]~Psychologue~[♫♪]
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Lun 30 Mai - 11:19

Sora sursauta légèrement autant piqué par la remarque que part le fait de d’être prit en flagrant délit de toc…autrement dit un trouble obsessionnel convulsif… Pas très glorieux il fallait bien l’avouer. Il repoussa d’un geste leste mais néanmoins précis sa capuche et planta ses deux orbes couleur saphir dans ceux de son interlocuteur du moment.

« _ Je n’apprécie pas non plus particulièrement le café… mais avec temps et bien je dois dire que j’en ai clairement vu la nécessité. Travailler jusqu’à pas d’heure et se lever au aurore le jour suivant est un rythme particulièrement éprouvant… Alors un bon café aide à tenir le coup par moment. »


Il lui sourit puis comme pour illustrer ses propres dires avala une nouvelle rasade du liquide brun. Il se tourna ensuite de nouveau vers son vis-à-vis et tout en tournant sa chaise pour être tout à fait de face continua de parler d’une voix totalement neutre. Il n’était pas difficile de comprendre que le pauvre psychologue était tout ce qu’il y a de plus mal à l’aise avec les personne… les gens… les humains… Enfin comme vous voulez les appeler, il était cependant totalement impossible de comprendre à quel point il faisait des efforts en ce moment même. Il passait d’habitude la plupart de son temps dans son bureau et la seule relation sociale qu’il cultivait avec un plaisir non feint était cet espèce de besoin narcotique qu’avait ses patients de venir le voir… Une sorte de relation père-enfant qui ne le mettait pas dans de tel état de stress. Mais la situation était bien différente aujourd’hui… L’irlandais se trouvait avoir quasiment le même âge que lui, être en bonne santé et surtout être un de ses collègues… Collègues qu’il prenait tant de soin à éviter. Pourtant malgré le désagréable élan de panique qui avait tordu son estomac au début de la conversation, il avait prenait grand soin de dissimuler sa gêne au moins autant qu’il le pouvait.

« _ Ce n’est pas du tout futile… Un nom et un prénom caractérise une personne ! Si je ne me souviens pas de vos prénoms, et bien il me semble que c’est fort discourtois… On ne peut pas dire que j’ai été à un moment où à un autre la crème de la société mais je fais tout de même des efforts pour ne pas non plus être un rustre sans éducation… Donc dorénavant je me souviendrais de ton prénom… encore navré. Si seulement je passais un peu plus de temps à vous rencontrer et un peu moins de temps à bosser comme un fou, peut être vous connaîtrais-je déjà tous depuis bien longtemps… »


Dans sa voix pointait un petit élan de lassitude. En effet, s’il ne venait pas se mêler aux autres c’était non seulement par désir d’être seul mais aussi et surtout parce qu’il ne se sentait plus à sa place parmi eux. Depuis l’accident il avait cessé de ce considérer totalement comme un être humain… Il était tout juste un hybride dans son estime. En conclusion il était bien plus simple d’oublier tout ceci en se noyant dans ses bouquins de médecine et de sociologie plutôt que d’affronter réellement le problème.

« _ On peut donc dire que tu es en pause, non ? Il doit être agréable de ne pas avoir une tonne de choses en tête… Mais j’en oublierais presque mon savoir vivre… Si tu es occupé, ne fais pas attention à un vieux psychotique qui se charge de soigner les autres ! Fais donc ta vie sans te soucier de ma présence ! »


Il s’autorisa un autre sourire en le regardant se diriger vers le réfrigérateur et en sortir avec un sourire bienheureux sa bouteille d’eau. S’il n’avait pas eut le loisir de bien voir le dit contenant en plastique, il aurait très bien put croire que le jeune homme venait enfin de trouver un lingot d’or après des heures, voir des jours, de recherches intensives ! Pris d’une envie de zèle à son tour, il se dirigea vers l’évier et commença à nettoyer sa tasse mais aussi sa cuillère. Étant donné qu’il ne supportait pas que les choses ne soit pas parfaitement en ordre, il se dépêcha de rincer précautionneusement la vaisselle et de la mettre à égoutter sur le rebord de l’évier. Les mains dans un torchons il lança ensuite d’un ton plus ou moins chaleureux.

« _ A vrai dire, je ne me rend plus vraiment compte du nombre de fois ou je cache mon visage de la sorte. Je le fais tout à fait instinctivement…surtout lorsque je rencontre réellement quelqu’un pour la première fois. Visiblement ça ne de dérange pas… mais beaucoup de gens sont plus facilement impressionnable. Notamment les femmes, et les jeunes personnes…comme les élèves que je côtoie la plupart de mon temps. Je ne peux pas les en blâmer, mais ça m’a réellement donné ce genre de tic nerveux. C’est regrettable mais c’est comme ça… Ce qui est différent est effrayant dans l’esprit populaire… »

Il haussa les épaules non pas en signe d’incompréhension mais plutôt avec un désintérêt certain. Après tout à quoi bon lutter contre une idée reçut dont il était également la source ? Toutes ces querelles intestines l’épuisaient au plus au point… Et cela depuis plusieurs années… Il était donc tout à fait normal qu’il n’en ait que faire à présent.

« _ Tu travailles seul aux cuisines ? Enfin… je veux dire que je me doute bien que tu as d’autre personne pour t’aider à servir les repas vu le nombre d’élèves que le bâtiment accueille… mais tu es le seul à concevoir les plat et autre ? Ça doit pas être facile… la plupart des élèves sont quand même de sacrées têtes de mules… ils ne doivent pas manger grand-chose et faire la grimace tout les deux jours… voire même râler ! »



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Cailan O'Shea
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Mar 31 Mai - 20:50

Cailan sourit de le voir enlever sa capuche. Après tout, il aurait tout aussi bien pu refuser et rester couvert. Cela aurait été dans son droit. Mais à choisir, il aimait tout autant voir les personnes avec qui il discutait. Il aimait bien voir les compositions du visage et leurs réactions. Son œil turquoise rencontra avec plaisir les saphirs étrangers, ravi de découvrir de nouvelle teinte. Quant à son œil droit, il restait sagement dissimulé derrière la pseudo-mèche rebelle éprise de liberté capillaire.

« Même par nécessité, j’ai vraiment du mal avec le café … mais heureusement, j’ai toujours eu de la chance en ce qui concerne le sommeil. En fait, cinq heures me suffisent pour avoir une nuit complète alors … je n’ai jamais vraiment eu de soucis à me coucher tard. Ou tôt, tout dépend comment on regarde en fait … »

L’irlandais rit doucement. En plus, il avait tendance à croire que c’était génétique cette … capacité. En effet, ses parents et sa petite sœur n’avaient, eux non plus, pas besoin de dormir beaucoup pour avoir une nuit digne de ce nom. Six heures tout au plus. Cela leur rallongeait les journées. Ils étaient pour et ne s’en plaignaient pas. Cela n’aurait rien changé de toute façon. Ce qu’ils adoraient, c’étaient les journées de balades tous ensemble en partant vers les 7h du matin pour ne revenir qu’à 21h le soir après avoir crapahuté joyeusement. Une vraie famille quoi.

« Pas pour moi. Non pas que je dénigre mon nom, loin de là. Il est celui de mes parents et mes ancêtres, une partie intégrante de ma vie et quoiqu’il arrive, je ne m’en déferais pas. Ce que je veux dire, c’est qu’un nom à lui seul ne définit pas celui qui le porte. Il faut voir les actes et les choix qui vont avec. »

Après tout … Un nom. Simple dénomination. Pouvait éventuellement servir si l'on connaissait un proche de cette personne. Et encore. Pas totalement. On se baserait sur ce que l'on connaissait de l'autre et l'on ferait par déduction. Untel est comme ça alors on peut supposer que lui aussi. Attraction des impressions. Bonnes ou mauvaises. Par ce procédé, on pouvait totalement se fourvoyer sur une personne. Lui attribuer des capacités dont elle ne dispose pas. La penser telle qu'au fond, on voudrait qu'elle soit. Et non telle qu'elle est réellement. Cailan souriait toujours, appréciant de discuter avec un collègue qu’il voyait peu.

« Et ne t’en fais pas … je ne vais pas te considérer comme un rustre juste parce que tu as oublié mon nom. Ce serait particulièrement stupide de ma part. Et si je le faisais, ça voudrait dire que j’aurai considéré ma meilleure amie de la même façon alors … »

Au début de leur relation, Orlaith, dite Lay, ne se rappelait pas non plus de son prénom. Et il n’en avait pas fait tout un fromage. Et heureusement. Sinon il serait passé à côté d’une personne merveille et d’une mécanicienne hors-pair. Et ça, ç’aurait été regrettable en revanche.

« C’est vrai que je ne me rappelle pas t’avoir croisé souvent dans les couloirs … il faudrait penser à sortir de ton bureau. Juste histoire de profiter du parc … rien qu’un peu. Mais j’ai peut-être été élevé trop à l’air libre moi ! »

C’était peu de le dire. Même s’il était né et avait grandi à Dublin, toute petite ville irlandaise perdue au fin fond de nulle part, restait le fait que les sorties familiales avaient été monnaie courante. Et cela jusqu’à ce qu’il quitte le cocon douillet de la maison. Sa sœur et lui s’entendant très bien, même plus jeunes, ils passaient leur temps à être dehors, courir, jouer avec ce que la nature leur donnait. Pas besoin de console ou d’ordinateur pour ça. Même s’il reconnaissait le côté pratique de ces inventions, il n’en était pas forcément fan. Préférant de loin sortir ou lire un bon livre.

« Oh ! Même si je suis en pause, j’ai toujours des choses en tête. Comme quoi faire de ma soirée, quoi leur préparer, penser à appeler l’Irlande et l’Angleterre … ce n’est pas forcément très important mais j’ai rarement la tête entièrement vide. Comme à peu près tout le monde je pense … Et tu ne me déranges pas le moins du monde. Tu étais là le premier en plus. Ce serait plutôt moi qui me suis imposé sans crier gare. »

Maintenant fier possesseur d’une bouteille d’eau qu’il ouvrit sans la moindre cérémonie, pas le temps et trop soif surtout, il en but un bon quart avant de s’arrêter. Il regarda son homologue psychologique faire sa petite vaisselle. En voilà un homme qu’il était bien. La plupart de ceux que Cailan avait connu ou connaissait ne la faisait jamais. Au grand dam de ces demoiselles d’ailleurs …

« Je ne te demandais aucune explication. Et il serait malvenu de ma part de t’en demander. Autrement … non, ça ne me dérange pas vraiment. Je ne dirais pas que j’ai l’habitude mais on m’a appris à apprécier les gens tels qu’ils sont. Pas tel que le veut l’idéal et la société. Quant au regard des autres … malheureusement, oui … quand on sort du sociologiquement courant et normal … on devient vite la bête qui fait peur … »

L’irlandais soupira doucement, presque blasé. Est-ce qu’il savait de quoi il parlait ? Evidemment. Lui-même, plus jeune, en avait subis les frais … mais maintenant et depuis quelques années tout de même, il passait outre, gardant cette petite spécificité pour lui et les rares personnes à qui il accordait pleine confiance. Buvant une nouvelle gorgée d’eau, il sourit tout de même avant de reprendre.

« En fait, il n’y a pas tant d’élèves que ça alors … c’est assez facile de s’en débrouiller. Mais oui, je suis seul à décider des plats et à les concevoir. C’est juste une histoire d’organisation. J’en ai l’habitude. Et puis, j’ai été voir des petits producteurs aux alentours. Comme ça, la nourriture est fraiche et ils me font des prix de gros alors je n’ai pas à me plaindre … »

Son sourire s’agrandit. Il était content de son initiative. Les produits frais étaient bien meilleurs que ceux de grande surface, c’était bien connu. Et puis il préférait tout autant avoir à faire à des petits producteurs du coin … moins de problème d’approvisionnement aussi. Et livraisons plus rapides. Que des avantages.

« La plupart aime les mêmes choses et je varie assez souvent pour qu’il n’y ait pas de frustrés gastronomiques. Mais s’ils ne mangent rien et qu’ils râlent, ce n’est pas mon problème. Ils ne s’en prendront qu’à eux s’ils ont faim le soir. J’estime préparer des plats assez équilibrés et assez divers pour qu’ils y trouvent leur bonheur. Je n’ai pas eu de plainte jusque là … »

C’est vrai … s’il y avait vraiment eu des insatisfaits, ils se seraient plaints à la direction. Mais voilà. Rien. Aucun reproche. Alors tant qu’on ne lui disait rien, il partait du principe que tout était okay et il continuait sans se poser de questions.

« Ni d’indigestion d’ailleurs ! »

Cailan se mit à rire une nouvelle, répandant un rire joyeux et communicatif dans la pièce. Il aimait rire, ce n’était pas nouveau et personne ne le priverait de cette envie. Puis, redevenant à moitié sérieux, il enchaina, dans le ton de la conversation :

« D’ailleurs, il y a des aliments que tu n’aimes pas ? Ou pire, certains auxquels tu es allergique ? »
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Sora Hayashi
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Sam 18 Juin - 17:42

Enfin beaucoup plus à son aise, Sora réussit à émettre un bref rire. Pas le genre « rire sec » ou « rire jaune » qu’il avait jusqu’alors cultivé sans parcimonie… Non non, celui-ci était le genre de petit gloussement qu’il ne se permettait que lorsqu’il était totalement calme et serein. Il devait avouer que cette réaction lui paraissait surprenante mais étrangement agréable. Elle réveillait en lui des sensations depuis longtemps oublié et sur lesquels il mettait le doigt sans aucun problème : le bonheur. Le mot flotta un moment dans son esprit raisonnant à l’infini et répandant son écho ainsi qu’une petite touche d’amertume et de nostalgie.

L’image désagréable du visage d’un ami s’imposa à lui… Le dernier ami avec qui il avait sourit de la sorte. C’était la belle époque… Un âge où son visage n’était encore qu’un tout et non pas une partie de peau disloquée… amas de chaire informe…Oui à cette époque il avait été heureux et insouciant et à présent, bien qu’il ne sache ni pourquoi ni comment, ce léger goût se répandait de nouveau dans sa bouche le faisant sourire comme un abrutit fini.

« _ Je ne suis pas sur qu’on puisse appeler l’insomnie une chance…Et je suis bien placé pour dire de telle chose. Je le suis, et l’aies toujours été par ailleurs. Avant, quand je n’avais même pas la vingtaine, je trouvais en effet ça fort commode…Peut être aussi parce que ça correspondait au mode de vie et au rythme effréné que je m’imposais… et puis un jour, ton organisme vient toquer à ta porte et ça fini par te rattraper… C’est un peu l’avènement de la vieillesse... On fini par se dire : et merde finalement je suis bien comme les autres…je vie, je fatigue et je meurs….Enfin tu as encore un sacré temps devant toi avant que cela n’arrive je te rassure… C’est juste que ça ne se voit pas mais j’ai au minimum deux cent ans de vécut ! »


Sa gorge s’ébranla un moment avant de laissé s’échapper un petit rire moqueur. Non pas vis-à-vis de son interlocuteur mais plutôt à cause de sa propre plaisanterie. Il était vrai que n’importe qui aurait put trouver ça ridiculement drôle…voire un peu grotesque… Pourtant c’était le genre de sentiment qui l’habitait profondément depuis son accident. Il sentait que son corps était toujours celui d’un jeune homme de moins de trente ans… Pourtant son âme, elle, semblait avoir passé tant de temps à panser et étudier les blessures humaines qu’il se sentait aussi vieux que la terre elle-même. Et cela ne le déprimait pas outre mesure… bien au contraire… Après tout, l’expérience était aussi signe de sagesse. Une sagesse qu’il ne vivait plus comme un fardeau depuis bien longtemps….

« _ Bien sur qu’un nom où qu’un prénom ne résume pas une personne…Ceci dit héler quelqu’un comme on appellerait un taxi… je ne suis pas sûr que ce soit la méthode la plus adaptée pour entamer une discussion courtoise. N’importe qui prendrais ça comme un manque de politesse et de savoir vivre… J’estime donc qu’il me faut au moins retenir le nom de chacun des employer ou des élèves que je côtoie… Pour la simple et bonne raisons qu’au moins je puisse parler de certaine personne sans dire « machin », « truc » ou « bidule »… Ce serait mieux non ? »

Entendant parler du par cet de son éducation à l’air libre, Sora laissa s’épanouir un sourire sur son visage blessé par l’homme. A vrai dire, il n’avait jamais beaucoup apprécié le soleil ou le grand air… Il n’aimait pas voir son épiderme brunir ou ses cheveux se tenir… Non pour lui ça avait été une sacrée plaie que ce soleil et ses rayons incandescents… A présent qu’il ne pouvait plus du tout en profiter c’était bougrement différent. Qu’est ce qu’il n’aurait pas donné en cet instant pour retourner se dorer la pilule au soleil… Mais c’était à présent impossible. Sa peau lui rappelait avec une insidieuse perversité à quel point il manquait des choses simples de la vie… A quel point il était devenue en marge de la société…

«_ Je ne peux pas vraiment m’exposer en fait… C’est pour ça qu’on ne me croise presque jamais dans le parc. J’y vais de temps à autres lorsque le soleil est déjà couché ou presque sur la ligne d’horizon. Il fait alors plus frais et ma peau ne risque plus alors de me rappeler à l’ordre en se tirant et en me brûlant… Mais il est par contre vrai, que je ne sors quasiment jamais… »

Après avoir minutieusement aligné les deux ou trois ustensiles de cuisine qu’il avait enfin finit de lavés, il se retourna vers son ami. Sora s’adossa ensuite au plan de travail puis croisa les bras sur sa poitrine en souriant.

« _ Et bien, je n’aime pas les carottes mais je n’y suis pas allergique… En fait le seul aliment auquel je sois allergique est la stupidité… mais ça va… On me le sert rarement dans mon plat depuis que je suis arrivé… »

Il lui adressa un clin d’œil moqueur puis alla vers le réfrigérateur pour y plonger sa tête en quête de quelque chose d’autre à manger que du chocolat. Quand bien même celui-ci était il son plat de prédilection, il aspirait enfin à manger autre chose que du cacao et du sucre. C’était d’ailleurs les premiers signes de la victoire de sa conscience sur celle de ses pulsions existentielles.


Dernière édition par Sora Hayashi le Mar 12 Juil - 21:18, édité 1 fois
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Cailan O'Shea
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Sam 25 Juin - 18:43

Détendu et tranquille, il quitta le périmètre du frigo pour poser gaiment ses fesses que le rebord de la table. Il aurait été trop facile pour lui de prendre une chaise voyons. Calé, il but encore un peu plus de sa bouteille, ne lui laissant, au final, qu’un faible contenu. Bah, il la remplirait si besoin. Après tout, il y avait l’eau courante dans l’internat. Et c’était plus économique que d’en reprendre une.
Alors qu’il se satisfaisait de son eau fraiche, il fut ravi d’entendre Sora rire, même brièvement, et de le voir sourire, chose qui n’était pas le cas au début de la conversation. Lui, ça ne comptait pas, il souriait pour un oui ou un non, que ça aille ou pas. Il n’aimait pas spécialement inquiéter son entourage ni même exposer ses sentiments et ressentis en fait … un jour peut-être qu’il s’améliorerait. Ou pas. Il reprit la conversation comme si de rien était.

« Je ne suis même pas insomniaque en ce qui me concerne … juste … un besoin de sommeil nettement plus court que la moyenne on va dire … »

Rudement pratique pour allonger ses journées et en profiter au maximum. Comme ça, il pouvait non seulement œuvrer à ses occupations professionnelles en tant que cuisinier de l’école et majordome au service de l’héritier Phantomhive mais aussi vaquer à ses propres divertissements personnels comme les balades en moto, les entrainements ou bien la lecture. Au choix. Ainsi, il n’était pas blasé de ses journées, les enchainant avec un ravissement tout particulier et heureux d’être assez vivant pour en profiter. Il rit doucement.

« Franchement, pour deux cents ans … tu es plutôt bien bien conservé. Tu ne les fais pas en tout cas ! Tu crois que je m’en sortirai aussi bien d’ici là ? »

L’irlandais devint pensif quelques intstants. n’était pas effrayé par la vieillesse. Il ne la craignait pas non plus. Du moment qu’il pouvait profiter de chaque jour qu’on lui offrait sans rien regretter. Faire de sa vie une histoire savoureuse qu’il prendrait plaisir à raconter à ses petits-enfants au coin d’un feu de cheminée pendant les rudes soirées d’hiver … Tant qu’on le laissait libre de ses mouvements, tout lui allait. Ce n’était pas plus compliqué que ça … et lui ne l’était pas non plus, compliqué. Il appréciait les petits plaisirs simples de la vie.
Plissant les yeux en faisant une petite moue de curiosité exagérée, il fixa le psychologue en souriant.

« Et puis c’est quoi ton secret hm ? Dis-moi tout, je veuuuuux savoir ! »

Il rit de nouveau, répandant une fois encore un rire clair dans la salle de repos des employés puis acheva sa bouteille d’eau pour se calmer. Et sans avaler de travers pour une fois. Non parce qu’il avait déjà tenté de boire tout en étant mort de rire et à part manquer de s’étouffer avec de l’eau, c’est bien tout ce qu’il avait réussi cette fois-là. Comme en plus, il en avait mis partout, de l’eau, l’hilarité de Lay était repartie de plus belle, chose qui ne l’avait pas, mais alors, pas du tout aidé. Mais c’était aussi pour ça qu’il aimait sa meilleure amie … pour les délires sans raison qu’ils pouvaient avoir à n’importe quel moment de la journée. Ou de la nuit.
Redevenant sérieux, il écouta, attentivement, et hocha vaguement la tête aux dires de Sora.

« J’admets que, éventuellement, ça peut être mal vu par certains. Ce n’est pas mon cas. J’ai pas mal fréquenté un bar et pour faire connaissance … quand tu ne sais rien de l’autre … ce n’est pas évident de ne pas le héler en fait … »

Il y a de nombreux londoniens qu’il avait rencontrés comme ça, au détour d’un "Hey, excuse-moi …". Le plus important d’entre eux étant son meilleur ami d’ailleurs. Heureusement que lui non plus ne se formalisait pas de ce genre d’appel. Sinon, une belle amitié n’aurait jamais existée.

« Par contre, c’est sûr que pendant une conversation avec des tiers quand ladite personne n’est pas là … c’est quand plus pratique d’avoir un nom. Parce que sinon, on n’est pas sorti de l’auberge …»

Cela revenait à les désigner sous X, Y et Z. Chacun ses repères et on pouvait être sûr qu’on ne parlait plus de la même personne au bout de quelques minutes. Ce qui pouvait donner de jolis quiproquos, pas forcément agréable d’ailleurs. Sa mâchoire s’en rappelait plutôt bien en fait … il sourit en se souvenant de cet épisode. Si, sur le coup, ç’avait pu être assez agaçant, maintenant, à part en rire, c’est tout ce que provoquait le souvenir.

« Oui, je suppose que ce ne doit pas être évident … »

Il regarda le visage de Sora, de façon normale comme il l’aurait fait avec n’importe qui. C’est sûr que sa peau ne devait l’aider beaucoup. Il ne pouvait pas trop dire qu’il comprenait ce qu’il ressentait vis-à-vis de ça puisqu’il n’avait jamais été dans le même cas. Et il ne connaissait pas d’autres brûlés qui auraient pu lui en parler.

« Je ne dirai rien sur le fait de rester à l’intérieur. Je ne serai pas objectif sur ce point puisque j’ai passé la moitié de ma vie dehors et que je n’apprécie de devoir rester dedans si le temps permet de sortir … »

Qu’il pleuve des trombes d’eau et là il concevait de rester au sec. Que ce soit une petite bruine et il sortirait quand même. Il n’était pas en sucre. En hiver, ce n’était qu’une tempête de neige qui pouvait l’empêcher d’aller s’éclater dehors avec sa petite sœur et ses parents. 2 contre 2 pendant les batailles de boules de neige, c’était plus équitable et ils rentraient tous trempés jusqu’à l’os. Mais en ayant passé du bon temps ensemble. C’était tout ce qui comptait.
Même pour lire, il aimait autant prendre ses bouquins avec lui et se caler à l’ombre d’un arbre ou sur un banc tranquille dans un parc. Bon, en cas de pluie, parce qu’il tenait à ses ouvrages, hors de question de les détremper dehors … à quand les livres waterproof ?
Continuant de sourire à son interlocuteur qui lui tourna le dos sans pitié, il reprit.

« Je note pour les carottes. Et pas de soucis pour la stupidité, je n’en achète pas. Pourtant, ce ne sont pas les fournisseurs qui manquent … d’ailleurs, ça serait bien si l’on pouvait la transformer en énergie … au moins, on ne serait jamais en rupture de stock. »

Cailan soupira, blasé par la condition humaine. Mais il attendrait cette nuit et d’être sur le territoire de Morphée pour refaire le monde à sa façon. Là, il était bien plus curieux sur ce qu’était en train de faire ou chercher son collègue. Nouvelle technique de rafraichissement ?

« Si tu veux manger quelque chose en particulier, je peux te le cuisiner si tu veux, je n’y vois aucun inconvénient. »
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Sora Hayashi
[♪♫]~Psychologue~[♫♪]
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Mar 12 Juil - 21:33

Sora leva une main encore légèrement humide et se gratta l’arrière du crane avec une lenteur infinie. Pour une personne comme Cailan, autrement dit un néophyte de la psychanalyse gestuelle mais aussi et surtout un inconnu, ce petit mouvement ne voulait rien dire de particulier. Et pourtant, lorsque l’ont faisait partit de cette « élite » qui composait l’entourage proche de notre jeune psychologue scolaire, c’était une tout autre histoire.
Il existait deux solution à ce geste insignifiant : Soit il était extrêmement gêné, soit il était pensif… L’un comme l’autre aurait put être vrai dans cette situation, il s’avérait cependant qu’il était en pleine réflexion…tout du moins pour cette fois-ci. Une fois qu’il eut donc ébouriffé son cuir chevelu blond comme les blés, il releva la tête et fixa un moment son interlocuteur.

Pour la première fois depuis qu’il était rentrer dans la salle du personnel, il le détailla pour de bon. Ses yeux remontèrent depuis ses pieds jusqu’à son visage et ses cheveux bruns… le tout avec le plus de discrétion possible bien évidemment. La conclusion était relativement facile à faire : Cailan était un homme qu’on pouvait sans aucun doute dire beau. Du genre grand, élégant et un brin « exotique » de par son sang étranger… En fait …c’était un peu stupide de ne le remarquer que maintenant, mais le jeune Irlandais était vraiment beau. Il aurait fallut être aveugle à vrai dire pour ne pas le remarquer et en l’occurrence Sora était peut être défiguré mais pas totalement miro… pas encore… Enfin, peu importe. Cependant, ce qui plaisait le plus était d’une tout autre nature. Ce n’était pas son physique pour le moins agréable à l’œil qui le faisait rentrer dans ses bonnes grâces de la sorte… sinon il aurait très bien put apprécier la moitié de la planète, et malheureusement une bonne partie de cette population était également des abrutis finis ! Ce qu’il appréciait était plus nécessairement son charme. Notion quelque peu abstraite mais qui néanmoins faisait beaucoup plus d’effet que celle de la beauté. Cailan dégageait quelque chose d’indescriptiblement agréable : Il était sympathique, drôle, compatissant, loquace et même un tantinet taquin… Sa présence n’avait rien d’un poids, elle était bien au contraire extrêmement plaisante. Chose qu’il ne s’expliquait pas facilement à vrai dire vu son niveau de sociabilité proche de zéro.

Il se laissa lentement aller en arrière et son dos rencontra de nouveau le dossier de la chaise : toujours aussi dur et rugueux. Pour certaine chose, il n’y avait pas de changement. Il se passa une main sur les yeux et sourit à son vis-à-vis. Il venait tout juste de se rendre compte qu’il n’avait pas prononcé un mot depuis un moment et que son jeune ami devait commencer à se demander s’il n’était pas devenu muet entre temps.

« _ En même temps je suppose que l’insomnie n’est bonne que pour les gens instables… Les gens à problèmes… Les gens qui ressassent sans arrêt les même questions. Ce qui visiblement n’a pas l’air d’être ton cas. Je ne te connais pas assez bien pour en juger mais tu as l’air de quelqu’un de très bien dans ta peau… Assez bien pour faire se sentir bien les gens qui se trouve autour de toi… »


Et voilà ! Triple andouille ! Il venait de le dire à voix haute et sans aucune gêne… Ce qu’il pouvait être stupide parfois… Soupirant légèrement, Sora tenta de ne pas trop se fustiger. Après tout, ce n’était pas comme s’il venait de déclarer sa flamme à un amant perdu depuis des mois… ça ne restait qu’une simple phrase cordiale au milieu d’une discussion qui l’était tout autant… pas la peine d’en faire toute une histoire donc.

« _ Franchement ? D’ici deux cents ans tu seras certainement bien mieux conservé que moi… Mais tu devrais faire attention ! A force d’afficher continuellement ce petit sourire moqueur sur ton visage tu vas avoir des rides aux coins des lèvres ! »

Il se surprit à son tour à sourire puis rire. Décidément, cette journée était riche en nouveauté. Lui qui dix minutes auparavant ne parvenait même à montrer le bout de ses dents blanche venait tout juste de s’esclaffer d’une blague… Il lui faudrait un certain temps pour s’habituer à ça…

« _ Mon secret c’est que je m’enferme dans le noir et que je bois le sang des « jeunes vierges » de cette école ! On ne dirait peut être pas… mais comme je t’aime bien je vais te dire un secret : Je suis un vampire ! »

Sora lui adressa un clin d’œil avant de pincer les lèvres puis de rire de nouveau. Il s’imaginait fort bien dormant dans un cercueil et attendant le moment fatidique ou Van Hellsing viendrait le transpercer de son pieu en bois dernière génération… ouai ça lui collait parfaitement à la peau cette petite histoire.
Reprenant un peu de son sérieux, Sora écouta son collègue avec politesse tout en continuant de sourire. Un rictus qui se transforma en grimace lorsque le sujet de sa brûlure et du grand air revinrent sur le tapis. Il s’obligea à se composer un masque de bonne humeur puis avec douceur et bienveillance répondit d’un ton neutre.

« _ A vrai dire… Je n’ai pas vraiment eut le temps de m’amuser quand j’étais jeune. Mes parents ont dû pour une raison ou une autre sentir que j’avais du potentiel parce que je me suis vite retrouver à sourire devant un objectif et ces inconnus qui le tenait. Et puis les grands espaces manque un peu à Tokyo… Comme je ne suis pas né en campagne je n’ai pas put profiter de ces bienfaits et de son air pur… Mais quand j’étais plus jeune j’aimais la mer… Ses vastes étendues bleues qui se confondent avec les cieux, son odeur iodé et le sable qui colle entre les orteils… Ouai s’il ne faisait pas trop chaud j’aimais vraiment me retrouver sur les plages… »

Il lui sourit pensivement tout en se représentant la dernière fois qu’il avait put courir et dormir sur l’une de ces grande étendu dorée. L’eau lui avait chatouillé le bout des orteils et l’air frai avait eut pour effet de l’aider à dormir. C’était paisible et serein qu’il avait dormir à l’abris d’une petite dune comme les autres. A même le sol… Pas de confort comme dans les hôtel qu’il fréquentait déjà depuis longtemps, pas de chauffage, pas de couverture… Rien que la nature et le bruit des mouettes dans le lointain… c’était un souvenir agréable et il le rendait quelque peu nostalgique.

« _ Je ne mange pas grand-chose… Mais il y a un plat qui me manque… peut-être que si tu as de quoi le faire… C’était un plat que mon colocataire cuisinait de temps à autre… Une spécialité de sa région natale disait-il… le petit soucis c’est que jamais su d’où il venait ce petit gars aux yeux bleus ciel… Bon je me souviens par contre parfaitement du nom du plat : Ce sont des quenelles de brochet qu’il faisait accompagnées avec de la purée maison. Alors qu’en dis-tu ? Tu penses que ce ne serais pas trop dur à faire ? »

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Cailan O'Shea
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MessageSujet: Re: Une rencontre fortuite [Pv Cailan]   Jeu 14 Juil - 22:40

Cailan n’avait pas bougé du bord de la table, le trouvant bien suffisamment confortable pour le peu de temps qu’il allait y rester. Et puis, rester semi-debout l’obligeait à rester le dos bien droit. Ce qui n’était pas un mal. Cela lui éviterait une sciatique précoce. Moins il voyait le corps médical, mieux il se portait. Il n’avait rien contre lui. Juste que s’il n’y allait pas, c’est qu’il allait bien. Simple logique enfantine. Par contre … cela lui rappela qu’il fallait tout de même qu’il aille voir les médecins de l’internat, histoire de les prévenir de sa petite spécificité intérieure. Rien de contrariant pour lui. Ni pour eux, pas véritablement. Il n’était pas quelqu’un que l’on pouvait qualifier de "casse-cou " alors il y avait peu de risques qu’il ait besoin d’être hospitalisé mais tout de même. C’était le genre de détails qu’ils aimeraient connaître. Autant qu’il le leur dise au plus vite. Tout le monde s’en porterait mieux.

« Tu sais … je peux aussi être instable. Notamment quand il y a du verglas dehors.dit-il en arborant un sourire en coin C’est tout SAUF un terrain facilement praticable. Généralement, on l’épouse rapidement si l’on ne fait pas attention. »

Est-ce que l’irlandais en avait déjà fait l’expérience ? Non. Non, pas du tout. Comment ça pas crédible ? Le fait est que oui, il avait déjà fini le nez par terre parce qu’au lieu de regarder là où il mettait les pieds, il avait voulu faire rire sa petite soeur. Au final, il avait réussit. Elle avait rit quand il s’était retrouvé les quatre fers en l’air. Puis elle s’était avancée doucement vers lui, un peu soucieuse tout de même, lui demandant si tout était ok. Pour le coup, hormis des bleus, il s’en était tiré à bon compte.
Son sourire s’agrandit au compliment voilé de Sora. Il n’avait pas la prétention d’améliorer le quotidien des autres par sa simple présence mais si ce dernier se sentait bien parce qu’il était là, c’était plutôt une bonne chose. Il n’allait pas disserter sur ce point. Tant qu’à faire, il aimait que les autres aillent bien. Il n’allait donc pas s’en plaindre et se contenta de répondre tranquillement.

« Je fais tout pour en tout cas. J’ai eu … quelques désagréments pendant l’enfance mais maintenant, je m’en fiche comme d’une guigne. Et je ne m’en porte pas plus mal. Que ceux que ça dérange aillent voir chez les Grecs si j’y suis tiens. Ça leur fera les pieds. Autrement … un esprit sain … il marqua une petite pause, pensif Quoique … pas sûr. Pas vraiment en fait. On dira ‘presque’. Donc, un esprit presque sain dans un corps sain … »

Derechef, il s’interrompit de lui-même. Sa main droite vint alors saisir son menton entre le pouce et l’index, signe de réflexion intérieure sur ce qu’il allait dire.

« Cette notion est discutable aussi … sur le plan littéral. Mais qu’importe ! Un esprit presque sain dans un corps quasiment sain aussi ! L’un comme l’autre est nécessaire alors j’en prends soin. Je profite de ce que la vie m’offre, j’aurai bien le temps de lui en vouloir plus tard. Chaque chose en son temps. »

Souriant toujours, comme à son habitude, il l’écouta, mémorisant le timbre de sa voix et aussi le sourire qui s’affichait sur ses lèvres. Il n’avait guère eu l’occasion de discuter avec le psychologue mais il n’avait pas l’impression que sourire soit dans ses habitudes. Alors il était ravi d’avoir ce petit privilège. Tout comme le rire qui vint avec. Lui aussi, il le mémorisa, le rangeant avec la voix et le sourire associés. Puis il reprit, un petit sourire taquin au coin des lèvres.

« Très bien, pari tenu. On verra dans 200 ans ce que ça donne alors. Autrement, on prendra une photo où l’on posera comme des andouilles et on fera la même d’ici deux siècles pour voir ce que l’on est devenu. »

Cailan n’avait pas grand-chose contre les photos. Rien en fait. Tant qu’il pouvait les voir après, il se laissait prendre sans souci. Mais le fait est qu’il adorait encore plus photographier que l’être. Ses excursions passées et ses balades à venir lui avaient donné et lui donnaient l’occasion de s’abandonner à ce petit loisir en tout sérénité. Il pouvait prendre tout et n’importe quoi du moment que ça lui plaisait. Il faisait le tri après. Les joies du numérique. Même s’il adorait le vieux Polaroïd qu’il possédait. C’était différent. Il s’en servait occasionnellement et toujours avec précaution.

« Quant à mon petit sourire … veux-tu bien le laisser tranquille ? dit-il, faussement outré avant de continuer, amusé Et en plus, il n’est pas moqueur. »

Par moment, il pouvait l’être bien entendu. Mais pas là. Pour le coup, c’était plutôt amusé et taquin qu’il était son sourire. Il n’y pouvait rien, il était déjà comme ça de base. Et là, il trouvait la compagnie de son collègue plaisante et agréable. Il n’avait aucune raison d’afficher un sourire moqueur. Non mais. L’air sérieux, il reprit la conversation.

« Du sang de jeunes vierges … pas étonnant qu’il n’y ait pas plus de demoiselles que ça dans l’internat alors. C’est de TA faute. dit-il en insistant sur l’adjectif possessif Je le savais, je le savais ! »

Maintenant, le cuisiner était mort de rire à cause des âneries qu’il pouvait débiter. Le pire étant que Sora n’avait pas l’air mieux que lui. Quelle idée avait-il de le suivre dans ce délire ? Si même le psychologue ne l’arrêtait pas, mais où allait-il ? Droit dans le mur ? Non … mais vers une crise de rire, oui.

« Un vampire ? Et bien … classe. Très classe. Donc il faut que j’évite de mettre de l’ail dans tes repas, c’est ça l’idée ? »

Il sourit, amusé du cliché que les gens pouvaient avoir sur cette espèce en particulier. Comme la balle en argent sur les loups garous. Ou l’eau avec les gremlins … ah non, c’est une autre histoire ça. Aucun rapport.
Il nota un très vague changement dans le sourire de son interlocuteur sans savoir de quoi il s’agissait vraiment. Cependant, il remarqua que le sujet de l’extérieur n’était pas forcément pour lui plaire. L’écoutant avec attention, il sourit doucement à l’idée de la plage. Cela faisait longtemps que lui non plus n’y avait pas mis les pieds. Dans l’eau ou non.

« Il n’est jamais trop tard pour se rattraper tu sais. »

C’était un simple constat qu’il faisait là. Ce n’était pas une critique ou un reproche. Juste un simple avis de cuisinier irlandais. Il ne s'attarda pas dessus, plutôt accaparé parce que ce Sora venait d’ajouter.

« Comment ça "tu ne manges pas grand-chose" ? Tu sais que c’est une attaque directe envers ma personne là ? répliqua-t-il en souriant, nullement vexé Dire ça à un cuisinier, c’est honteux moi je dis ! »

Bien entendu, il n’en pensait pas un traître mot. Et il arborait toujours un petit sourire en coin à cause, ou plutôt, grâce au flot d’inepties qu’il pouvait bien sortir à cette heure-là. C’est la bouteille d’eau qui ne lui réussissait pas. Elle ne contenait peut-être pas que de l’eau d’ailleurs …
Ecoutant de nouveau le psychologue de l’internat, il continua de sourire en entendant son plat favori. Lui qui s’attendait à un truc tordu et très compliqué qui nécessitait produits de luxe et 15 jours de préparation … en fait non, pas du tout. C’était un plat tout simple. Qu’il se ferait un plaisir de cuisiner.

« Mais j’ai une bonne nouvelle pour toi : les quenelles de brochet et la purée. Je devrais pouvoir te cuisiner ça un de ces jours. Pour les quenelles, il faudra juste voir avec un poissonnier … tâche pas vraiment délicate à faire. Quant à la purée … j’ai les pommes de terre … il n’y aura qu’à les écraser. Rien de bien compliqué en somme. Tu devrais donc pouvoir en déguster incessamment sou peu. »

Cailan s’étira gaiement. Puis se leva de la table. Avant de s’y rassoir tout en calant une jambe repliée sous ses fesses. Il y était très bien en fait, sur cette table. Il avait désormais l’autre jambe qui pendait dans le vide, sensation qui lui plaisait même si elle restait très simple.

« Je crois que je vais faire circuler un petit formulaire qui demandera le plat favori et ceux détestés … il y en aura peut-être des communs à plusieurs personnes … et puis les dates de naissance aussi tiens. Comme ça je pourrai faire le plat favori le jour J … une sorte de cadeau quoi … »

Complètement dans son élaboration, il en laissa un peu de côté son nouvel ami. Pour lui, la cuisine était un moyen comme un autre de communiquer et de transmettre sa bonne humeur. Il voyait ça comme un vecteur de bonheur. Si lui prenait plaisir à cuisiner, les élèves le sentaient en mangeant. Enfin, c’était ce qu’il pensait …
Soudain, il revint au présent, à sa présence dans les lieux et à celle de Sora. Il le regarda, son œil turquoise étincelant avant de s’excuser platement.

« Pardon, désolé. J’étais en pleine réflexion sur cette idée et je me suis … déconnecté si l’on peut dire. »

Ce qui, quand il y avait du monde, ne se faisait pas du tout. Espèce de malpoli va.
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Une rencontre fortuite [Pv Cailan]

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